Pour tout vous dire, c'est un article paru dans 20 Minutes ce matin qui m'a inspiré. Titré "Les Asiatiques à la télé, un tsunami de clichés", il m'a donné l'idée d'une petite étude sur
les rôles attribués dans la télévision, en fonction de l'origine raciale. L'idée n'est pas d'affirmer la supériorité d'une race sur une autre, loin de là, mais de mettre en valeur les
stéréotypes qui nous sont instillés quotidiennement, et, je l'espère, faire ressortir leurs côtés absurdes. En dédicace à l'article de 20 Minutes, honneur aux...
Asiatiques
Présence forte en fiction, minime aux informations, inexistante ailleurs.
Stéréotypes : intelligents, doués avec les nouvelles technologies, travailleurs, nombreux, mafieux, secret.
Anne Kerloc'h s'attarde particulièrement sur le stéréotype du mafieux, ramené encore récemment au goût du jour par Charles Villeneuve dans un numéro du Droit de Savoir qui lui aurait valu d'être remercié par TF1. Si cette image se retrouve effectivement dans un certain nombre de
documentaires ou de fictions du PAF, elle reste largement en retrait de celle de la scientifique/intellectuelle asiatique que toute bonne série se doit d'intégrer au casting. On a beau être en
France, la fiction américaine est omniprésente et a ouvert cette veine. On retrouve évidemment les asiatiques à la bourse (Merci Tokyo), ou en cas de tsunami. Mais sorti de l'occasionnelle
mention au journal, de la fiction ou du documentaire, rien, nilch, nada. Pourquoi ? Si tous les asiatiques étaient japonais, je répondrais sans hésiter que le groupe prime sur l'individu, qui
n'est pas censé se mettre en avant. Leur absence serait alors due à un comportement traditionnel dans leurs sociétés. Mais tous les asiatiques n'étant pas japonais, et comme je manque
d'expérience avec des asiatiques d'autres nationalités, je me garderai de formuler une généralité fausse.
Noirs
Présence forte en fiction, faible en animation, notable pour le reste
Stéréotypes : athlétes, guerriers, enfants affamés/guerriers, ou juste pareils que les blancs, mais en noir.
Merci encore une fois aux séries et films américains qui ont permi aux blacks de construire une présence forte dans le PAF. Merci également à nos athlétes qui ont sû se faire remarquer lors des
compétitions dans un large panel de sports. Finalement, le noir est presque considéré comme le blanc, même si au niveau des animateurs, on est vraiment très léger avec notre seul Harry Roselmack.
Par contre, dès que l'on arrive au 20h, le noir est un soldat tribal ou un enfant en train de mourir de faim. La schizophrénie entre les deux modèles, le noir "propre" de notre société et le
noir "sale" d'Afrique, est choquante. Mais elle a le mérite de nous rappeler que ce n'est pas la couleur qui compte, mais l'individu et les chances qui lui sont données dans la vie.
Hispanos
Surreprésentation en fiction, moyenne en documentaire, faible aux informations, néante pour le reste.
Stéréotypes : Guerilleros, flic un peu bandit à la jeunesse tumultueuse barons de la drogue, révolutionnaires, immigrants, danseurs de samba, ou juste pareils que les blancs, mais
en, euh, hispanos.
Soyons réaliste : notre vision des hispanos est principalement dictée par les fictions américaines soucieuses de représenter (et parfois même d'améliorer
l'image) des populations originaires d'Amérique du Sud. Difficile de citer une communauté réellement équivalente en France, ce qui explique leur manque de visibilité dans les productions
flocales, excepté pour les documentaires traitants de l'économie souterraine et des révolutions Sud Américaines ou dans les reportages sur le Carnaval de Rio. Reste que dans la fiction
américaine, les hispanos là sont parfois traités à l'égal des noirs et des blancs, mais sont encore trop souvent des immigrés, des travailleurs pauvres, ou des méchants à
abattre.
Arabes
Présence forte en sport, en fiction, aux informations, quasi néante en animation.
Stéréotypes : athlétes, jeunes de banlieux, criminels, extrémistes, personnes qui veulent s'en sortir malgré tout.
On revient sur un profil racial beaucoup plus présent en France. Et si l'image du rebeu était très négative il y a dix ans, la tendance s'est clairement inversée. Leur présence augmente en
fiction française, de talentueux sportifs et artistes ont amélioré l'image des beurs, mais le JT n'est pas tendre : jeunes des cités, criminels, extrémistes sont le lot quotidien des
informations, freinant regrettablement leur acceptation. Par contre, sorti de Rachid Arhab, ce n'est pas la bousculade pour présenter des émissions.
Blancs
Omniprésents. D'ailleurs, c'est eux qui choisissent qui apparait à la télévision.
Stéréotypes : tous.
Le blanc a ceci de pratique qu'il est passe-partout en France. Il sert aussi bien à faire des gentils que des méchants, et il exerce un quasi-monopole sur l'animation d'émissions. On lui prête
souvent un comportement réactionnaire ou raciste, surtout si il est relativement agé ou qu'il habite à la campagne. Les jeunes eux sont généralement juste un peu concons et dansent de la
Tecktonik. Ils s'inquiétent de tout, et se plaignent encore plus : du chômage, du pouvoir d'achat, de l'Europe, des profs, de l'obésité, des grèves, de l'hiver,
de la canicule, du pollen, de la guerre, des gens pas pareils qu'eux, des médias, des gens pareils qu'eux, de la police, du prix des timbres... On peut leur
reprocher beaucoup de choses, mais ils ont tout de même le mérite de représenter le meilleur fond neutre qui soit pour mettre en avant les autres couleurs.
